Vous trouverez ci joint le compte rendu de l'assemblée générale d'ACEM :

COMPTE RENDU DE L’ASSEMBLEE GENERALE DE L’ACTION CONTRE L’ENFANCE MALTRAITEE

L’ACEM a organisé son assemblée générale annuelle le samedi 29 novembre 2008 à la cafétéria de la résidence universitaire de la Borie, sise au 185 Ave Albert Thomas à Limoges. L’ordre du jour qui était assez restreint abordait essentiellement deux thèmes principaux : L’avancement des travaux de construction de l’Ecole des Orangers et le fonctionnement d’une cantine. Toutefois, la situation particulière d’HAITI a conduit à évoquer d’emblée les questions diverses.

Le Président de l’association, Lyn François, a rappelé que la situation du pays s’est compliquée davantage à la suite de deux séries d’évènements. D’une part, au cours de cette année horrible, Haïti a vu se produire des manifestations d’une rare violence dites émeutes de

la faim. La

violence se justifie rarement mais il est permis d’expliquer et de comprendre ces faits. Ils traduisent la révolte d’un peuple qui vit depuis des lustres dans une situation infrahumaine, générant peu ou prou une déshumanisation. D’autre part, un malheur n’arrivant presque jamais seul en Haïti, quatre cyclones sont venus toucher très durement le pays, provoquant d’innombrables pertes en vie humaine et laminant encore un peu plus une économie déjà en berne. Toutes les infrastructures ont été détruites et les conséquences post-cycloniques ne se sont pas faites attendre. Au cours du mois de novembre, vingt-six (26) enfants sont morts de malnutrition dans la localité de Baie d’Orange dans le Sud-est (même région que Jacmel). Cet énième drame dévoile une fois de plus l’irresponsabilité et l’incompétence de dirigeants qui n’ont pas su anticiper le trop prévisible. De tels drames ne peuvent qu’inciter à l’action et ACEM, par l’intermédiaire de son Président, a coordonnée l’arrivée en Haïti d’une équipe de sapeurs-pompiers volontaires de la Haute-Vienne qui ont porté une assistance considérable aux habitants de Cabaret, au nord de Port-au-Prince. En outre, la Fédération de la Haute-Vienne du Secours populaire a versé à ACEM un chèque de 1500 € au profit paroisse de Kenscoff. L’association a pu également recueillir des chèques provenant de particuliers membres ou non qui ont manifesté leur solidarité au peuple haïtien.

Ensuite, la question du fonctionnement d’une cantine à l’Ecole des Orangers a été abordée. Il a été rappelé qu’au cours de l’année scolaire 2007/2008, le manque de trésorerie n’a pas permis à l’ACEM de servir des repas aux enfants. Toutefois, grâce à une aide substantielle du Secours populaire et aussi à l’action de certains membres, l’Association dispose d’environ 6000 € uniquement pour la cantine et espère qu’elle pourra offrir un repas ou un goûter par jour au cours de l’année 2008/2009 malgré la flambée des prix des produits de première nécessité sur place. Des contacts ont été établis également avec des Organisations non gouvernementales sur place en vue de l’obtention de produits alimentaires (riz, haricots…). L’objectif est donc clairement renforcer la cantine au cours de cette année. Une crainte demeure malheureusement : celle de ne pas pouvoir répéter la même politique en 2009/2010.

Enfin, le dernier thème traité n’était pas le moindre puisqu’il s’agissait de l’avancée des travaux de construction de l’Ecole des Orangers. L’association a souligné des progrès spectaculaires. En effet, il ne reste plus que les travaux de finition à effectuer (le numéro spécial du bulletin d’information de l’association peut en témoigner). Ces avancées sont en grande partie le fruit de l’aide substantielle du Conseil régional du Limousin qui a octroyé plus 20.000 € pour l’exécution du projet, du Plan international de parrainage qui a financé et exécuté directement la construction du bâtiment administratif et de la FOKAL (Fondasyon konesans ak libète [Fondation pour la connaissance et la liberté]) qui a versé 15.000 dollars US aux représentants sur place. Il a été souligné que le bureau a suivi dans les moindres détails l’utilisation des fonds et a mis à la consultation des participants à cette AG un ensemble de factures. Le principal regret reste que l’Etat haïtien qui, via le Ministère de l’Education national, avait promis une somme identique à celle versée par la FOKAL depuis près de deux ans n’a toujours pas honoré sa promesse. Actuellement, l’association a besoin d’environ 20.000 € pour terminer ce magnifique projet.

Au terme de l’intervention du Président de l’ACEM, la parole a été donnée à T MAZABRAUD, représentant du Secours populaire de la Haute-Vienne qui a rappelé l’action de cette dernière aux côté d’ACEM et son souhait de travailler conjointement avec l’association sur des manifestations en marge du vingtième anniversaire de la CIDE (Convention international des Droits de l’Enfant) en 2009. Ensuite, Mme Martine CHATAIN a mentionné l’action qu’elle mène à Aixe-sur-Vienne en vue de sensibiliser sur la situation des enfants en Haïti et singulièrement ceux des Orangers. Elle a ainsi rappelé qu’une journée de partage sera organisée dans cette optique le 31 janvier 2009 à la Salle des Fêtes d’Aixe-sur-Vienne. Enfin, diverses questions ont été posées aux représentants d’ACEM et deux d’entre elles ont particulièrement retenu l’attention :

M. E. MONTILLET : Deux écoles se sont effondrées récemment en Haïti ; la construction qu’effectue ACEM présente-t-elle une solidité suffisante ?

Réponse : L’ingénieur engagé par ACEM a tenu compte des particularités du sol et a réalisé des fondations importantes afin de se conformer scrupuleusement aux normes en vigueur. Les écoles qui se sont effondrées ont été construites anarchiquement, et donc dans le mépris absolu des normes. En ce qui concerne la bâtiment administratif construit par le PLAN, il a été rappelé que les fondations avait été réalisées préalablement par l’ingénieur engagé par ACEM. Le PLAN s’est occupé d’effectuer la construction hors-sol.

Mme V. PITET : N’est-il pas temps que les cotisations à ACEM soient augmentées ?

Réponse : L’association a toujours laissé le libre choix à ses membres qui peuvent toujours verser davantage que les 8 € demandés mensuellement. D’ailleurs, dans les faits, la plupart des membres versent davantage que les 96 € annuels. En outre, l’augmentation pourrait s’avérer prohibitive pour certaines personnes, notamment les étudiants qui soutiennent l’action d’ACEM. Enfin, la générosité et la solidarité ne sont jamais insuffisantes.